17/01/2018

Provocations 16

Echanges impertinents entre le rat et le crabe.

 


1er décembre 2007


Construction implique destruction


Je vais te faire part de mon impression à vif. Quels que soient les sujets que nous aborderons à l’avenir, nous en reviendrons systématiquement à notre branlette précédente qui sera toujours sous entendue dans nos propos. Je trouve sidérant que nous ne soyons pas capables de nous sortir un instant de notre petite réalité, et je ne parle pas que pour toi cette fois. Il serait tellement plus enrichissant de tenter de se projeter un instant dans la réalité de l’autre histoire de découvrir d’autres perspectives. Je précise ma pensée.
En te transmettant ce message d’Urs, je t’ai fait part de ma gamberge à ce sujet. Hors c’est surtout, comme tu peux aisément l’imaginer, l’aspect construction, destruction qui me titille. Tu n’en touches pas un mot. En revanche, le gars qui se regarde le nombril, alors là, oui, c’est ta tasse de thé alors tu développes. Heureusement qu’Urs, à qui je communique nos élucubrations déjantées, n’y va pas de son refrain. Bref, chacun tourne en rond dans sa petite sphère et décode avec ses outils. Finalement, t’as peut-être raison, il me faudrait rencontrer un maître qui me propose une palette plus large. Mais avec ma réticence, cette rencontre n’est pas prête de se faire. Au moins, le jour où ça arrivera, si ça arrive, l’effet sera garanti, un peu comme quand j’amène des fleurs à Loretta, une fois par année.
En tout cas, je suis sûr qu’Urs va bien se marrer car ce n’est certainement pas ce qu’il voulait dire, mais là encore je risque d’être surpris car moi aussi je décode avec mon filtre.
Je souhaite à tout le monde de devenir vraiment, complètement, monomaniaque, ne serait-ce que pour en faire concrètement l’expérience et donc la laisser derrière pour pouvoir passer à autre chose. Un peu comme je souhaite à tous ceux qui rêvent d’avoir du pognon et tout ce qui va avec de pouvoir réaliser leur rêve et découvrir vraiment tout ce qui va avec. Il y a un film assez sympa sur le sujet, traité assez naïvement ce qui le rend accessible à des enfants. Je crois qu’il s’appelle “bedazzeled“ ou quelque chose comme ça.
Quant à l’ambition, comme tu me l’as déjà fait remarquer, cette qualité me fait largement défaut, mais je considère que ma rencontre précoce avec le bouddhisme y est pour beaucoup. Je suis devenu très fataliste, mais dans un sens positif, pas dans le sens de subir mais plutôt en réalisant la vanité de toute aspiration, y compris les plus hautes réalisations.
Mon seigneur, priez pour moi !



Tu l’as dit, bouffi !


Et ben pour une fois, nous sommes en quasi totale communion, Léon ! Tes pinces s’émoussent, mais si elles font beaucoup moins mal, elles n’en chatouillent pas moins quelques points sensibles… Comme je l’avais déjà dit, nous sommes très semblables dans le fond, même si en apparence beaucoup de choses nous séparent. Faut dire que depuis le temps…
Destruction, construction… C’est un truisme de dire que l’une n’existe pas sans l’autre, et lycée de Versailles. C’est la conséquence de la vacuité de toute chose, qui permet ce changement constant. La vie, la mort, la respiration, la pensée, les phénomènes ne viennent à l’existence que grâce à la mort de l’instant précédent. L’évolution spirituelle ne peut avoir lieu que par la destruction des délusions.
J’opine (de cheval) également sur l’idée de commencer par être monomaniaque, essayer à fond un truc pour vérifier. Puis deux options, soit ça marche pas et on laisse tomber, soit ça marche et on peut aussi laisser tomber. Une fois le résultat atteint, on peut ranger les outils…
Par contre, être fataliste ne serait-ce pas un autre terme pour être passif ? Je préfère quant à moi tenter l’exploration, quitte à me planter. Au moins, je n’aurai pas de regrets. Tu connais sans doute le pari de Pascal…
Mind your mind…

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