13/12/2017

Provocations 11


 

2 octobre 2007


"D’ailleurs, si on postule que rien n’existe indépendamment de son propre côté, comment ces êtres pourraient-ils avoir réalisé le but ultime alors qu’ils sont coupés des autres"


Tu n’es qu’un fainéant à qui il faut mâcher le travail.
Puisses-tu rougir de ton incompétence !


Arrrgggglllll !!!!! Bon, je t’envoie la facture pour les lunettes ?

 


Terrestre extra plutôt qu’extra-terrestre


Dommage, on est redescendu d’un cran. Et moi qui t’estimais comme un interlocuteur de valeur. Force m’est de constater que tu t’enfonces dans ton monde sclérosé d’être servile qui en plus prétend être ambitieux. La musique, j’en connais un bout et la pratique virtuose d’un instrument illustre parfaitement mon propos.
Un jour, Stéphane Grappelli et Yéhudi Menuhin ont été invités à improviser sur un titre de Django Reinhardt. Menuhin a été complètement déstabilisé. Sans partition, il était perdu alors que le Stéphane s’est totalement éclaté sur le canevas de Reinhardt.
La maîtrise est une chimère de plus. La compétition fait vibrer la fibre nationaliste puisque les athlètes représentent des pays. Ça devient vraiment comique dans le cas de l’équipe de France de foot qui est pratiquement exclusivement constituée de rebeux. La performance n’est réalisable qu’à l’aide de substances, le cyclisme en est un exemple assez spectaculaire. Bref, au lieu de développer l’intelligence on développe la spécialisation et on devient des êtres partiels, amputés et diablement efficaces en termes de rentabilité. On appelle ça des robots.
Je t’imagine avec ton programme quotidien. Le petit bircher du matin après la première assise. La lecture des courriels en attente. Les courses et la préparation du repas de la journée. Le premier petit verre de Whisky ou de pinard. Une autre assise et enfin la jouissance débridée et la réponse aux différents courriels. Ceci, jour après jour, avec une régularité métronomique.
Aie confiance, comme dirait le serpent dans je sais plus quel dessin animé.
J’ai une confiance sans limites dans la vie, dans le plan. Je ne pourrais supporter l’idée que tout ça n’ait pas de sens. J’accepte mes limitations et sans prétention m’applique à assumer mon humanité.
Ton système est confus. Ne plus se poser de questions parce qu’on a trouvé la réponse. C’est grave de chez grave. C’est une forme de renoncement dans le sens de baisser les bras. C’est bien pour ça que je pense que ton cas est sans espoir. Tu t’es arrêté, tu as trouvé, tu n’es plus bon à rien. Juste à suivre ceux que tu considères comme plus avancés sur le chemin. Au moins tu n’as plus de décisions à prendre, plus de responsabilités. Le grand confort quoi.
Le pire c’est que tu envisages une éventuelle publication de nos délires. Franchement ! Et c’est toi qui me traite d’orgueilleux.
De grâce, fais un effort. Tu risques de me lasser.
Je te quitte pour un instant, histoire de découvrir le nouveau cours d’éducation sexuelle à l’école, renommé “histoires de la vie”. Je te jure, ça devient vraiment grave.


Alors pour toi, la seule vie qui vaudrait la peine d’être vécue serait une vie trépidante, pleine d’activités intéressantes pour assouvir la soif de nouveauté de l’ego. Je suis un être important, je fais des tas de trucs, j’essaie désespérément d’oublier que je suis un être mortel et que toute cette frénésie va un jour cesser. Mon pauvre Pierrot, je ne pensais pas que tu serais ainsi piégé comme l’homo vulgarus depuis le début des temps… Et bien oui, j’ai mon programme quotidien, dans lequel tu as oublié de mentionner ma séance de marche nordique entre l’assise et la crème Budwig (miam miam). Cette monotonie sans surprise, comparable au programme immuable d’une retraite, amène une sérénité et une harmonie surprenantes.
Le "Je" se calme, il sait qu’il n’y a ni strass, ni paillettes à saisir, personne à séduire ou à manipuler. Le temps se distord, et les perceptions s’affinent. Avec la petite mise en bouche du matin, la direction est prise.
Tu as confiance dans le plan. Il y aurait donc un plan. Le grand Architecte qui donne un sens à tout ça. Ou est le libre arbitre dans ce plan ? On appelle aussi cela fatalisme. Et après tu prétends venir me donner des leçons sur la responsabilité ! Trop mort de rire. Déjà avec tes elohims qui seraient en train de nous faire sortir de kaliyuga ! Tu fais l’école des clowns ou bien ? Tu acceptes tes limitations ? Alors elles sont à toi. Tu te limites par cette acceptation. Sois ambitieux que diable ! Réagis ! Ces limitations n’existent pas de leur propre côté, donc elles peuvent disparaître si tu cesses de croire en elles.
Quant à mon système, comme tu dis, on peut lui donner bien des qualificatifs, mais certainement pas celui de confus ! Y’a pas plus clair ! Et je confirme avoir trouvé, peut être pas LA réponse, mais certainement réponse à toutes mes questions existentielles. C’est vrai que c’est confortable. Je peux ainsi me concentrer sur l’essentiel, et non plus errer sans but dans un no man’s land miné. Ainsi, je ne suis pas arrêté comme tu le penses, j’avance sur le chemin, lentement mais sûrement.


À bon entendeur
Le yogi masqué

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