28/11/2017

Provocations 4

 

Capture d’écran 2017-11-22 à 15.54.25.pngEchanges impertinents entre le rat et le crabe.

https://play.google.com/store/books/details/Pierre_Jenni_Provocations?id=Mm_nr5oM2HIC

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17 septembre 2007


Faut toujours que tu frimes, c’est hallucinant ! Mais oui, on sait que tu parles et écris bien l’anglais ! Juste que ce n’est pas "dont", mais "don’t". Mais bon, c’est pas grave, bel effort quand même ! Au fait, qu’en est-il de tes projets indiens ?
Bonne bourre

 


Question de sphère


Comme j’ai une explication pour tout, la voilà.
Au moment de t’écrire, je venais de répondre à Steve. Je n’ai fait que transcrire textuellement mes pensées du moment et comme je pense souvent en anglais…
Tu vois, encore raté ! La frime, c’est pour les simples. Pas besoin de ça dans les sphères où j’évolue.
Mais je vois qu’il faut que je développe un peu pour que mon copain puisse piger la moindre.
Tu dis vouloir polémiquer alors ne penses-tu pas que tu pourrais commencer par notre dernier échange ?
Mes projets indiens sont en stand-by. D’une part parce que rien, mais absolument rien ne m’est venu en retour. J’ai pourtant envoyé plusieurs mails et établi des contacts. Je prends ça pour un signe qu’il ne faut pas insister pour le moment. Par ailleurs, comme tu as dû le flairer, c’est pas le beau fixe avec la rombière. En fait, j’attends patiemment le jour où Madame voudra bien changer de vie. Je pense que ça devrait encore prendre quelques années, jusqu’à que Zoé puisse mieux comprendre. J’ai parfois envie de me barrer, mais je n’assume pas de laisser tout le monde comme ça. J’ai la faiblesse de penser que les filles ont besoin de moi et je souhaite les imprégner de ma couleur autant que possible avant que Loretta se casse avec elles. Je rêve donc en secret de retrouver une vie qui ressemble un peu à la tienne, une vie que je n’aurais peut-être jamais dû quitter. Je reste pourtant convaincu que je ne serai bien nulle part, puisque c’est dans la tête que ça se passe.
D’autre part, j’ai beaucoup de peine à choisir un endroit en Inde. Je ne me sens pas l’âme campagnarde et je supporte assez mal les mégapoles. J’aime beaucoup Delhi, mais pour un moment. C’est trop bruyant.
En fait ce que j’aime par-dessus tout c’est de me laisser porter d’un endroit à un autre comme le fait Steve huit mois par année et idéalement seul. Nous pourrions très facilement entrer à la Woodstock school de Mussoorie, mais c’est un gettho international en dehors du bled, et le bled est un bled. Je pourrais travailler dans l’école avec Loretta et les filles ne paieraient pas l’écolage qui est d’environ 20'000 US d. par an et par élève. Mais je ne m’y vois pas et Loretta est en train de démarrer des mandats en tant qu’indépendante dans son domaine de prédilection : l’organisation d’évènements, la recherche de fonds etc. Elle accorde une très grande importance à son indépendance financière et entend bien développer sa carrière.
N’hésite pas à corriger mes fautes d’orthographe, j’aime apprendre. Le dont est un peu volontaire, Steve m’écrit sans accent, sans majuscule etc. et parfois je prends le pli. J’aime assez écrire les noms propres en minuscule, c’est une jolie façon de faire preuve d’humilité et relativiser la personne. Il doit encore en être à l’époque où il était impossible d’écrire à l’étranger avec tous ces signes et les différents claviers.
À toute

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